Prioriser la santé de mes clients et collègues

Depuis la première vague,  j’ai décidé de recevoir la situation actuelle de pandémie comme moteur à améliorer ma pratique. Alors que l’hygiène et le respect de mes clients a toujours été une force mobilisante de mon entreprise, je me dévoue à faire encore mieux. Je base mes pratiques sur le guide The Makeup Standard, une initiative de la COVID-19 National Scientist Volunteer Database. J’y ajoute d’autres initiatives menées par d’autres maquilleuses à travers le monde. En voici la liste.

Avant tout mandat

J’emballe une sélection de pinceaux individuels à chaque modèle, dans une trousse de plastique non poreux. Vu ma rotation au travers de quelque 350 pinceaux, ils sont en repos depuis dix jours ou plus. Lorsque la nature du mandat le permet, je prépare les palettes avec couvercle avec les produits les plus fréquemment requis. Cette préparation limitera la manipulation de produits sur place et accélérera  le processus de maquillage.

© Martin Houde 2020

Sur place

Je recommande un lieu de maquillage à l’écart de la circulation. Je dispose des rubans à mesurer au sol, qui rappellent visuellement les 2 mètres de distance requis. Lorsque la température le permet, j’entrouve une fenêtre ou une porte.

Je porte un masque de tissu à deux couches et des lunettes de protection. Je change mon masque aux 4 heures ou dès qu’il devient humide.  Nous procédons à la consultation à deux mètres de distance avec nos masques. Lorsque le/la modèle retire son masque, nous maintenons le silence afin de limiter la projection de micro-gouttelettes.

Je prélève crèmes et liquides sur une palette de mélange unique à chaque modèle, avec une spatule de métal. Je nettoyerai et désinfecterai les outils utilisés chez moi après le contrat. J’utilise des applicateurs jetables pour le mascara. Après usage, j’essuie la partie crémeuse des crayons de maquillage à l’alcool 70%, les aiguise et les réessuie. Je désinfecte aussi l’aiguisoir, le bouchon et le manche.

Je prélève mes poudres avec des ‘’fantômes’’, une boule de coton recouverte d’un mouchoir de papier, que l’on frotte sur la poudre pressée afin de prélever le produit. Le pinceau touche donc au mouchoir jetable, jamais au fard commun.

© Mathias Maumont Perafan 2020

Entre chaque modèle

Entre chaque modèle, je vais me laver les mains au savon et à l’eau. J’essuie la table, la chaise  et chacun de mes produits touchés – j’utilise une solution d’hypochlorite de sodium à 0,1%, soit une proportion de 5 ml d’eau de Javel pour 250 ml d’eau. Je choisis cette solution comme elle est recommandée comme assainisseur de surfaces dures par les gouvernements canadien et américain. Les pinceaux utilisés sont replacés dans la trousse individuelle pour d’éventuelles retouches, puis je sors la trousse du prochain modèle. Je mets de côté le chiffon utilisé et en ressors un propre.

Lors de la captation photo ou vidéo

Je tiens autant de distanciation avec les membres de mon équipe et mes clients que possible, tout en restant attentive aux besoins de retouche. Si mes lunettes ou ma visière deviennent inconfortables ou sales au cours de la journée, je les remplace avec un modèle différent pour toujours assurer le port de la double protection.

Entre mes mandats

Je lave les pinceaux à l’eau et au savon, et les manches des pinceaux et les trousses au nettoyant virucide. Comme ma situation me le permet pour réduire le risque pour mes clients et le reste de la population plus vulnérable, je tiens mes sorties au minimum. Mon conjoint télétravaille et je privilégie les appels vidéos pour tenir contact avec mes amis, sinon les activités extérieures avec masque et distanciation.

Un mot personnel

J’ai la chance et le privilège de traverser cette pandémie en santé, ce qui me permet de continuer à donner mon meilleur à ma clientèle.

Implanter ces mesures digne des hôpitaux suscite davantage ma reconnaissance que mon abattement, car elles repoussent le sentiment d’impuissance. Imaginons que nous ne saurions toujours pas comment ce virus se transmettait, ou que les moyens de protection étaient hors de prix et limités à seulement quelques personnes! Personnellement, je remercie l’accès à ces méthodes de protection et de prévention, qui me permettent de continuer à travailler et de protéger ceux qui m’entourent.

Cette pandémie me rappelle combien j’aime mon métier, même dans une multitude de contextes. Adapter mes méthodes m’amène à étudier de nouvelles techniques, ce qui me donne un sentiment de progression malgré le ralentissement.  Je trouve beaucoup de satisfaction à trouver des solutions et cette pandémie pose son lot d’obstacles à résoudre! Tout cet investissement à remplacer mes outils, à évaluer de nouveaux produits et de nouvelles méthodes, m’enracine dans le moment présent, au travers cette situation dramatique. Ce sont mes moyens, à la mesure de mon métier, de contribuer à la prévention des gens qui me font confiance pour  respecter leur santé et leur bien-être.