J’ai commencé à recevoir de nombreux appels téléphoniques de clients potentiels.

Au-delà du bouche à-oreille de mon réseau, ils me découvrent maintenant par le Web. Mon numéro de téléphone est mis en évidence sur tout mon site Web. Pour ma génération et plus jeune (j’ai 33 ans), le téléphone est anxiogène. D’un «dring!», on apprend qu’on doit passer un exposé oral sur une question encore inconnue, et affronter le jugement de la classe. Pas étonnant que je me fasse approcher beaucoup par Messenger.

Néanmoins, le téléphone me permet d’obtenir les détails en 10 minutes ce que 4 courriels en 2 semaines alloueraient. Il me permet de lier une connexion spéciale avec mes clients photographes, vidéastes, coordonnateurs ou planificateurs  : quand on se rencontre, on se connaît déjà à moitié, c’est facilitant.

À propos des maquillages individuels «do and go»

Souvent, en cette période de bals de finissants, les appels que je reçois sont pour des maquillages solo, «do and go» (arriver, maquiller, repartir). J’ai la malheureuse nécessité de leur apprendre que je n’en fais pas. Je suis une maquilleuse «de production» – tournages, séances photo, mariages, événements, où je maquille entre 1 personne avec perfection au pixel jusqu’à 25 figurants en flou. Mes clients sont déjà sur place – je dois aller à leur rencontre. Ça tombe bien, car pour de tels mandats, on a toujours besoin de moi plusieurs heures (4, 8, 10, 12 heures…)

Je n’ai pas de studio : je ne reçois jamais de clients. Mon kit est entièrement conçu pour être déballé et remballé à tous les jours. Je me déplace partout dans la région de la Capitale-Nationale, et même dans les régions avoisinantes. Je travaille dans des loges, des salles d’hôtels, des coulisses de théâtre, des locaux de réunion, des studios photo… Vu l’importance des mandats et la préparation requise pour ceux-ci, réserver deux demi-journées l’une à la suite de l’autre est rarissime.

Un appel est un match d’impro et je ne suis pas une joueuse étoile. À chaque appel, je raffine mon «elevator pitch». J’améliore mes explications concises, gentilles, claires et fermes. Il m’arrive de bafouiller. Je dois trouver des réponses instantanées à des questions qu’on ne m’a jamais posées auparavant. Je réponds en une minute ce que j’aurais dû résumer en une phrase.

À chaque nouvel appel, je fais mieux.

J’apprends comment on interprète mon offre de services. J’apprends à expliquer, décliner, à référer, en deux minutes. À chaque fois que je raccroche, je sais un peu mieux comment je dois raffiner ma communication marketing. À chaque fois que je vois un numéro inconnu, je vais en apprendre sur ma clientèle. En écoutant attentivement, mes angles morts apparaissent. « Ah, je n’avais pas pensé qu’on pouvait interpréter comme ça. » Ce que j’ai à gagner en précision, je l’ai déjà acquis en rapidité pour mes clients.

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